Acteurs libres de la Société Civile Gabonaise

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DECLARATION DE BRUNO BEN-MOUBAMBA,

AUTEUR DE LA LETTRE OUVERTE

AU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE GABONAISE

LE 19 JANVIER AU TROCADERO - PARIS


Un accident tragique a coûté la vie à de nombreux militaires français au Gabon et les Acteurs Libres de la Société Civile Gabonaise présentent leurs très sincères condoléances aux familles des victimes. Malheureusement, cette tragédie intervient alors même que le Gabon est dans un état de délabrement économique, social et politique qui a discrédité depuis longtemps tous les protagonistes du jeu politique.

En effet, ce pays béni par la nature et aux revenus colossaux, compte moins d’un million et demi d’habitants pour un territoire grand comme la moitié de la France. Pourtant, en raison de la corruption inimaginable organisée par un seul clan familial et les personnes qui en dépendent, voici le visage actuel du Gabon : Misère, grande pauvreté, insalubrité, corruption, gabegie généralisée, pillages de tous ordres, dilapidation et bradage des biens publics, inflation des crimes crapuleux et économiques, faillite du système judiciaire et de la justice sociale, terreurs, crise morale, retour à la pensée unique, infrastructures inexistantes, destruction de la cellule familiale et confiscation totale de l’appareil d’Etat au profit de ce seul clan et de ses complices politiques de la majorité comme de l’opposition.

Les 2/3 de la population vivent au-dessous du seuil de pauvreté alors que le PIB moyen par habitant approche 14 000 Dollars…

Le Gabon est depuis plusieurs mois aux prises avec des mouvements sociaux exacerbés par plus de quarante années de ce régime sans alternance et par le risque qu’il ne se renouvelle pour encore plusieurs décennies si l’un des fils du Président, Ali Bongo Ondimba, actuellement ministre de la défense, parvient à s’emparer du pouvoir alors qu’il est particulièrement honni par une population accablée et traumatisée.

Nous sommes au regret de le dire en ces circonstances douloureuses, mais l’opinion française doit savoir que tous les peuples d’Afrique francophone, et notamment ceux du Gabon, considèrent que la France, et donc son Armée, est responsable du maintien au pouvoir des régimes politiques dictatoriaux qu’elle aurait mis en place dans son ancien empire colonial au milieu du XXe siècle.

Au moment où le monde célèbre l’investiture de Monsieur Barack Obama, premier Président Noir des Etats Unis d’Amérique et où un immense vent d’espoir souffle sur l’Afrique, il est insupportable que les africains puissent penser que l’Armée Française est basée chez eux pour soutenir des régimes dictatoriaux corrompus, responsables du sous-développement qui détruit leur vie et celle de leurs enfants.

L’Armée Française en Afrique doit retrouver dans le cœur des africains sont rôle sécurisant de maintien de la paix et de stabilisation des nombreuses crises en Afrique Subsaharienne.

La France ne peut plus se permettre de paraître insensible au cri des africains qui ne demandent qu’à vivre eux aussi de la Liberté, de l’Egalité et de la Fraternité. Elle ne peut plus se permettre de donner l’impression qu’elle est du côté de pouvoirs autoritaires et répressifs.

Le Gabon, pour se développer, n’a besoin ni de co-développement, ni d’Aide Publique au Développement, ni d’effacements de la Dette sans contrôle. Il ne lui manque que la liberté politique qui permettra la fin de la corruption. Il a seulement besoin que les recettes budgétaires servent à son peuple et ne finisse plus dans les dépenses somptueuses d’une oligarchie insatiable.

Les peuples du Gabon appellent la France et l’Europe à les soutenir dans leur effort pour accéder enfin à la liberté politique et à la bonne gouvernance. Ils auront alors par eux-même les moyens de créer écoles, hôpitaux, routes, infrastructures et entreprises performantes.

Les africains ne doivent plus être les victimes d’un racisme géopolitique qui les considère comme des sous-hommes qu’il serait normal de voir souffrir et émigrer massivement.

C’est pourquoi, ici même, au cœur de Paris, sur le Parvis des Droits de l’Homme, nous appelons le Président français, Monsieur Nicolas Sarkozy, et ses homologues européens, à avoir le courage d’inaugurer un nouveau cycle de relations entre l’Europe et l’Afrique, entre la France et le Gabon, basé sur une nouvelle gouvernance moderne et efficace.

Si un nouvelle gouvernance crédible se met en place, le Gabon, comme toute l’Afrique Centrale, deviendra en quelques années une zone économique performante, partenaire privilégiée de l’Europe et de la France.

Sans violence ni haine, sans rancune ni esprit de revanche, nous affirmons, dans cette capitale, symbole de Liberté, d’Egalité et de Fraternité, que les peuples d’Afrique francophones adhèrent aux valeurs universelles de la France et l’appellent à les accompagner dans le sens de l’Histoire.





Bruno Ben-Moubamba

Président des Acteurs Libres la Société Civile Gabonaise en Europe

Journaliste, philosophe et doctorant
à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS)

acteurslibres@gmail.com
www.acteurslibres.org

+ 33 (0) 6 46 22 35 18


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